Les lieux maristes
Le Rosey, La Valla-en-Gier et Notre-Dame de l’Hermitage retracent les principales étapes de la vie de Marcellin Champagnat et de la naissance de l’œuvre mariste.
Ces trois lieux occupent une place essentielle dans l’histoire de Marcellin Champagnat et de l’Institut des Frères Maristes. Ils évoquent successivement son enfance, la fondation de la première communauté de Frères et le développement d’une œuvre éducative appelée à se diffuser dans le monde entier.
Le Rosey
Le lieu de naissance de Marcellin Champagnat

Marcellin Champagnat est né le 20 mai 1789 au hameau du Rosey, sur la commune de Marlhes, dans la Loire, à 1 000 mètres d’altitude.
À la fin du XVIIIe siècle, Marlhes est une importante paroisse rurale composée d’une multitude de hameaux dispersés. La population vit principalement de l’agriculture, complétée par quelques activités artisanales, notamment la fabrication de rubans. Malgré son isolement, ce territoire constitue un lieu de passage entre Saint-Étienne et Le Puy.
C’est dans cet environnement profondément chrétien que grandit Marcellin, au sein d’une famille de propriétaires ruraux. Son père, Jean-Baptiste Champagnat, est un homme instruit et engagé dans la vie locale. Sa mère, Marie-Thérèse Chirat, joue un rôle essentiel dans son éducation religieuse.
Sa scolarité est courte. Marqué par la brutalité de son maître d’école, il abandonne rapidement les études. Cette expérience laissera une empreinte durable dans sa vie et nourrira plus tard sa conviction que l’éducation doit être fondée sur le respect, la bienveillance et l’accompagnement des jeunes.
En 1804, la visite d’un prêtre venu recruter de futurs séminaristes ouvre un nouvel horizon au jeune Marcellin. Il entreprend alors des études de latin avant d’entrer au séminaire, amorçant le chemin qui le conduira au sacerdoce et à la fondation de l’œuvre mariste.
La Valla-en-Gier
Le berceau de l’Institut Mariste

Ordonné prêtre le 22 juillet 1816, Marcellin Champagnat est nommé quelques semaines plus tard vicaire à La Valla-en-Gier, au cœur du massif du Pilat.
Le lendemain de son ordination, il se rend avec une douzaine d’aspirants maristes au sanctuaire de Fourvière, à Lyon, où ils s’engagent à fonder la Société de Marie. Cette fidélité au projet mariste et à son intuition de créer une communauté de frères éducateurs marquera toute sa vie.
À son arrivée à La Valla, Marcellin découvre une population encore profondément marquée par les bouleversements de la Révolution française.
Convaincu que l’annonce de l’Évangile passe aussi par l’éducation, il comprend l’urgence de former des éducateurs capables d’accompagner les enfants et les jeunes, particulièrement dans les campagnes.
« Il nous faut des frères pour faire le catéchisme, pour aider les missionnaires et pour faire l’école aux enfants. »
C’est à La Valla qu’il fonde, le 2 janvier 1817, les Petits Frères de Marie. La maison devient rapidement un lieu de formation où vivent les premiers frères, les novices et les jeunes pensionnaires.
Elle accueille également les enfants des hameaux voisins venus recevoir une instruction, tout en soutenant les premières écoles maristes qui commencent à voir le jour.
Notre-Dame de l’Hermitage
Le cœur de l’œuvre mariste

Le développement rapide de la jeune congrégation rend bientôt la maison de La Valla trop petite. En 1824, avec l’accord des autorités diocésaines, Marcellin Champagnat acquiert un terrain dans la vallée du Gier afin d’y construire une maison plus vaste.
Les travaux avancent rapidement. La première pierre est bénie et, quelques mois plus tard, le gros œuvre est achevé. La nouvelle maison reçoit le nom de Notre-Dame de l’Hermitage.
Plus qu’un simple bâtiment, elle devient le centre de formation des Frères Maristes, le cœur de la vie communautaire et le lieu à partir duquel se développe progressivement la mission éducative de l’Institut.
Pensé par Marcellin Champagnat comme un lieu de prière, de formation et de fraternité, l’Hermitage témoigne de sa vision d’une œuvre au service de l’Évangile par l’éducation.
Cette maison-mère demeure aujourd’hui un lieu emblématique pour les Maristes du monde entier. Rénovée entre 2008 et 2010, elle a célébré en 2024 le bicentenaire du début de sa construction.
Notre-Dame de l’Hermitage accueille aujourd’hui des groupes, des communautés, des familles et des visiteurs désireux de découvrir ce lieu fondateur de l’histoire mariste.
Trois lieux, une même intuition
L’histoire du Rosey, de La Valla et de Notre-Dame de l’Hermitage retrace le chemin parcouru par Marcellin Champagnat, des montagnes de son enfance au développement de la maison-mère de l’Institut.
Chacun de ces lieux témoigne d’une même intuition : faire de l’éducation un chemin d’espérance pour les enfants et les jeunes, en particulier les plus vulnérables.